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Cuir ou Alternatives ?

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Avec Delphinae, j’ai choisi la voie eco-responsable et l’économie circulaire. On peut alors me demander pourquoi utiliser du cuir, une matière à provenance animale et source de pollution par son procédé de transformation ?

J’adore le cuir, son odeur caractéristique, sa durabilité et son toucher et à côté de ça, j’aime aussi les animaux, ils me fascinent. Je peux passer un temps fou à observer les mimiques de ma boule de poil-pot de colle, alias mon chat Attila, ou me poser sous la véranda et observer les oiseaux batifoler dans le jardin.

Avant de rentrer professionnellement dans le monde de la maroquinerie artisanale, je faisais mes accessoires en tissus et/ou en simili cuir. J’avais peur du cuir, et j’étais encore trop dans le côté loisir créatif plutôt qu’artisanal. Puis j’ai appris à travailler le cuir, à le découvrir sous toutes ses formes. Parallèlement, j’ai découvert les marques de maroquineries dite véganes. Alors je me suis penchée sur ces matières alternatives au cuir. Dans ma recherche d’éco responsabilité, je me suis dite que ça pouvait être interessant comme approche.

Quelles sont ces alternatives ? Il y en a pas mal, aussi je vais vous les citer, mais pas rentrer dans leurs descriptions détaillées, sinon cet article va être plus long qu’il ne l’est déjà. Mais si le sujet vous intéresse, il y a beaucoup d’articles dédiés sur internet, et je vous mettrai les liens qui renvoient aux marques ou aux développeurs de ces matières, ainsi que quelques articles annexes à la fin.

  • On peut déjà reparler du simili cuir comme première alternative, ou le Skaï qui est une marque déposée⚠️ Ce sont des matières synthétiques issues du pétrole.
  • Ensuite, il y a le cuir recyclé et le cuir upcyclé dont le but est de lutter contre la multiplication des déchets et d’éviter la surproduction. Dans le premier cas, les chutes de cuir vont être reconstituées à l’aide de matières synthétiques. Dans le deuxième cas, il s’agit de récupérer des cuirs dans les stocks dormants pour leur éviter, dans la majeure partie, la destruction. Il y a aussi la solution du cuir compostable par la tannerie Hoffmans en Allemagne.
  • On va trouver du nylon recyclé, appellé Eco Nyl.
  • Les matières à base de plastique recyclé comme avec la marque Remeant qui utilise du papier bulle recyclé pour faire ses sacs et portefeuilles.
  • On entend de plus en plus parler des matières végétales. Pour moi, ça a commencé avec le Pinatex, matière issue de l’ananas. J’avais pu en voir et toucher au salon Première Vision, et j’avoue que cette matière m’avait bluffée, mais en même temps déçue. J’y reviendrai plus bas.
  • On trouve aussi des alternatives issues de l’eucalyptus avec Noainfashion, du cactus avec Desserto,. D’’autres utilisent des déchets de fruits comme le raisin pour Vegea, la peau et les pépins des pommes qu’on appelle plus souvent Appleskin, ou le Fruitleather développé aux Pays-Bas avec les déchets de mangues. Il y a aussi l’utilisation de champignon appellé Muskin, et développé en Italie. Pour finir avec la base végétale, on peut aussi parler du liège, issu des chênes lièges en provenance pour la majorité, du Portugal.
Mais avant de continuer, un petit rappel important : le mot « cuir » ne doit pas être utilisé pour ces alternatives‼️ C’est un abus de langage qui prête à confusion, et surtout, il y a un décret qui précise que « L’utilisation du mot « cuir » […] est interdite dans la désignation de toute autre matière que celle obtenue de la peau animale au moyen d’un tannage ou d’une imprégnation conservant la forme naturelle des fibres de la peau. ». Donc banissez les termes « cuir d’ananas » ou « cuir végétal » de votre langage. Si par contre vous voulez parler du cuir qui a été tanné avec des végétaux, dites « cuir à tannage végétal ». Ca évitera pas mal de confusion.

Je vous disais que j’ai été autant bluffée que déçue par le Pinatex. Bluffée par son toucher, sa main (la fermeté si vous voulez), mais déçue car cette matière végétale est malheureusement constituée de matière plastique. Et à vrai dire, beaucoup des matières végétales citées plus haut ont une part de pétrochimie. Et leur résistance et durabilité est donc discutable.

Heureusement la recherche et le développement dans ce domaine fait des prouesses, et on commence à voir des matières végétales vraiment eco-responsables, comme le cactus chez Desserto. D’ailleurs, si vous comprenez l’anglais, je vous recommande le podcast vidéo de Tanner Leatherstein où il interviewe l’équipe de Desserto. Je vous recommande sa chaine Youtube en intégralité tellement j’adore ses démonstrations, même si parfois ça fait mal au coeur de le voir détruire littéralement des sacs qui ont représenté tellement d’heures de travail… Mais je m’égare, on reparlera de cette déconstruction dans un autre article ☺️

Donc vous le voyiez, pour l’instant, il n’y a pas encore de matière alternative qui égale le cuir en tous points : sa noblesse, sa durabilité, sa main, son toucher, sa patine… On s’en approche, et surtout on touche de plus en plus à l’eco-responsabilité attendue. Je continue à m’intéresser au développement de ces alternatives, ça me permettra, quand ça sera au point ET abordable financièrement, de continuer sur ma lancée vers l’eco-responsabilité, ou comme je le dit de façon suggestive avec mon nom « je fais ma part ». Pour l’instant, les matières qui me plaisent plus ou moins sont :

  • le liège car il devient de plus en plus abordable, mais selon les fournisseurs, il faut faire attention à la matière au dos du liège car ça peut parfois être du synthétique. Ce qui rend le processus de transformation plus polluant et la matière finie non biodégradable. Et j’ai aussi du mal avec le rendu esthétique du liège, même coloré 😐
  • Le cactus de Desserto me tente bien, les photos sont bluffantes de ressemblance avec le cuir. Je n’en ai pas encore eu sous la main, donc j’attends de voir.
  • Il y a une nouvelle « tannerie » que je suis : La Tannerie Végétale, Elle a pour ambition de développer une matière alternative 100% végétale, recyclable et française. C’est pareil, j’attends d’avoir leur matière sous la main pour vraiment me prononcer.

A part pour le liège, l’inconvénient pour ces nouvelles matières, pour moi petit artisan indépendant, c’est les quantités astronomiques qu’il faut commander.

Alors à l’issue de toutes mes recherches, j’ai décidé de rester sur l’utilisation du cuir pour le moment. J’ai bien conscience que cela fait echo à la souffrance animale mais j’essaie de minimiser mon impact :

  • dans un premier temps, le cuir est un co-produit de l’industrie alimentaire. C’est donc une revalorisation d’un déchet alimentaire. On est appellé à réduire notre consommation de viande, donc cette revalorisation va diminuer au fur et à mesure. Mais tant qu’il y a cet aliment, il y a du cuir, et je pars du principe que plutôt de le jeter, autant l’utiliser, le revaloriser.
  • D’autre part, dans cette même idée, je ne travaille pas avec les peaux dites exotiques : autruche, croco, python… Ces animaux sont majoritairement élevés uniquement pour leurs peaux. Là, pour le coup, et même si parmi eux je n’en aime pas beaucoup, ça ne me correspond pas, cette destinée animale pour un rendu esthétique ne me plait pas.
  • Et enfin, j’utilise des cuirs dit upcyclés, c’est à dire des cuirs issus des stocks dormants de maisons de luxe ou de tanneries, majoritairement françaises, un peu italiennes ou espagnoles. Ce sont des surplus de stocks, des erreurs de productions qui sont en majorité en excellent état, mais qui attendent dans un coin qu’on en fasse quelque chose mais bien souvent ils sont détruits. Utiliser ces stocks me permet aussi d’éviter toute surproduction.

Soyons clairs, ces arguments ne vont convaincre que moi pour l’utilisation du cuir. Je tends vers un usage plus responsable et éthique de ma matière principale. Encore faut-il la trouver, et ensuite pouvoir me la procurer à ma petite échelle, mais aussi à mon niveau financier. L’article de la marque de vêtements Loom résume parfaitement mon ressenti face à cet usage, le côté ethique, la question du recyclage, et la pollution. Mon but avec Delphinae est de proposer des articles avec une qualité haut de gamme, à prix justes et accessibles. Les matières utilisées doivent donc me permettre de proposer des produits résistants donc durables dans le temps, mais aussi esthétiques. J’ai ajouté une exigence à mes objectifs : faire ma part en terme d’eco-responsabilité environnementale. Pour l’instant, seul le cuir upcyclé répond à tous mes critères. Rien n’est parfait.

Et vous, avez vous des accessoires dans ces matières alternatives ? Ou en avez vous vu, touché ? Partagez-nous vos impressions et ressentis dans les commentaires

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